mardi 20 octobre 2009

Je viens de tomber sur cet extrait de film d'Eric Rohmer, L'Arbre, le maire et la médiathèque. Et si j'en juge par l'extrait ça à l'air bien moins chiant que Pauline à la plage. On s'attend même à des moments jubilatoires...



... "Quelqu'un à dit, ce n'est pas moi, : "Il faut supprimer la peine de mort, sauf contre les architectes"!

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Rien que pour cela, il faut absolument que je me procure ce film. Absolument.

lundi 31 août 2009

Balistique et Balkanisation du SS

La bande-annonce claironnait une couleur bouchère : sang de blonds sans répit, à l'hectolitre, et de la dessoude-trucidation ad. lib. par batte, dague, petit calibre, gros bastos et dynamites.
Et s'il est vrai que parfois ça déboite, dézingue, scalpe et canarde trash, les scènes de boucherie fine cash-casher restent limitées. 'Tino-la-déjante à presque fait dans l'angélisme. S'en est presque étonnant.

La séance est longue mais passe très vite, sans lasser. Film chapitré, intitulé, construit. Économie de cabrioles et kung-fu attitude absente. Pas de flash-backs et de plans coupés. L'histoire est racontée comme un western spaghetti avec, comme toujours, un grand soin apporté aux dialogues, aux plans, au montage et à la musique. La musique à contre-images de Tarentino est toujours délicieuse.

Film réussi à l'histoire incroyable et fantasque où l'Histoire est trompée avec violence et apacherie. Scénario et mise en scène au poil, servis par d'excellents comédiens. Notamment Christophe Waltz très convaincant dans son rôle de colonel nazi hideusement délicat. Brad Pitt en est même éclipsé. Mais Brad reste Brad. Le moment de la "discussion" en italien dans le ciné et celui de son encagoulement sont très bons. A relever, comme souvent chez Tarantino, qu'on ne s'attarde pas sur les acteurs laissés pour mort chemin faisant, si stars soient-ils. Leur sortie n'est pas soignée par trompettes et effets. Seule l'histoire qui se déroule compte. C'est ainsi que un à un les bastards nous quittent, que Diane Kruger s'éteint sur la moquette, étranglée, que la belle Mélanie Laurent se répand en sang, perforée de balles amoureuses sur une musique raccord, etc. Pas d'oraison funèbre chez le grand amoureux de la balistique et de la balkanisation des corps.

Un regret ? La fin du film. C'est à ce moment là finalement que tout peut repartir, avec tripes et pulpeuse fiction. Adieu svastika et teutons, bonjour faucille et martelés.

Car pourquoi s'arrêter en bon chemin ? Pourquoi ne pas imaginer la suite ? Genre 'Tino en pourparlers avec Costa-Gavras pour sortir un Inglorious Basterds 2 ? Vous pensez bien qu'après avoir refait l'Histoire et décapité le III Reich rendant ainsi au monde sa lumière (Hitler Kaput ! HITLER KAPUT!), Aldo-Pitt, notre chef apache, sous les ordres du Bulldog à cigare, va reformer fissa une demi-douzaine de guerriers (juifs, mais pas que, il se pourrait cettefois-ci qu'il y ait des goys, ouverture à la diversité oblige) pour aller biser et raser au lance-flamme la moustache à tonton Joseph, oncle Vassia, et autres cousins Beria, Jdanov et Lyssenko. Et oui, à cette époque il y a du nouveau, graaaavvvee à l'Est !
L'affiche est toute trouvée. Elle annoncera: Il était une fois en Europe l'ère rouge-grenad(in)e...
Après les bruns, les rouges, comme vient framboise après cassis. C'est l'ordre des choses. Bref, je crois qu'il y aurait là matière à bien s'amuser jusqu'à en en rougir de plaisir !

nb : en spécial guess-star on pourrait même faire une scène avec Youri, le tueur en série communiste de La Cité de la peur qui se verrait contraint d'avaler sa faucille, avec le manche etc.

dimanche 30 août 2009

Feu de glace

Lu la nouvelle "Construire un feu" de Jack London, tiré du recueil de nouvelles éponyme paru chez Phébus libretto.
L'histoire est simple. Dans le Grand Nord, en route vers un camp de trappeurs, un homme et son chien s'arrêtent sur la piste pour construire un feu. C'est urgent. Une nécessité vitale pour ce corps qui n'obéit plus, tenaillé par le froid, assailli et fébrile. Les membres gourds, l'homme le sait. Pour poursuivre sur la piste il faut s'arrêter, maintenant, vite, et ranimer le corps par les flammes pour envisager repartir. L'exercice a déjà était des centaines de fois par l'homme. Il en sait l'importance, il en connait le prix. Mais cette fois-là hasard et maladresses rendront le combat difficile et fatal.

Le récit déroule les moments de cette situation désespérée où le trappeur est aux prises avec un froid mortel, ennemi sans haine mais sans merci. Ce froid glacial est clinique. Son approche gèle, puis réchauffe, lénifie, et enfin insensibilise et tue. Le récit est captivant, peu de mots et beaucoup de ressentis. La lutte est tranquille, la peur panique intérieure; elle ne gesticule pas. La fin fatale est d'abord refusée, inconcevable, puis envisagée, puis acceptée. Et l'histoire de cette lutte à mort transfigure le trappeur et l'apparente pour moi tantôt à Slavomir Rwicz et sa marche forcée, entêtée et vitaliste dans le froid sibérien, tantôt au Christ vers le Golgotha, tombant par trois fois, se relevant, meurtri mais résolu d'aller jusqu'au bout. Mais c'est aussi le courage et la froideur d'esprit du grognard napoléonien qui tente de rejoindre le feu du bivouac, seul salut pour dégeler ses membres qui déjà ne lui sont plus soumis. On ne s'embarrasse pas de considérations sur la nécessité de vivre, de lutter, de se presser. On vit, on lutte, on est économe de tout et on ne se précipite pas. Tout est décompte, tout est crucial. Chaque geste est définitif, chaque souffle est de l'énergie qui brule, un corps qui s'appauvrit. Et comment ne pas y voir aussi une parenté avec la petite marchande d'allumettes d'Andersen, toute consumée et tenue par la vie par la chaleur timide de bouts de bois soufrés, grattés.

Lu sur la margelle d'une piscine, de l'eau jusqu'à la taille, échine exposée à la morsure du soleil Position de contraste pour une nouvelle polaire, courte et bonne.
Réchauffons-nous, "Une vodka, je vous prie !"

dimanche 16 août 2009

Dépôt de bannière

mardi 14 avril 2009

Giovanni sample

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samedi 11 avril 2009

Pâques au balcon

Pâques au balconLe gout de Pâques n'est pas toujours chocolaté. Il y a deux ans, un cycle s'achevait pour moi. Sanction d'attitudes, accusé de déception bien reçu. Juste retour de flammes.

Ce matin, c'est l'attente de ce jour qui vient, la fin et le début de tout. C'est le vide partout. C'est un jour blanc, une parenthèse, une faim sans menu.

Il était une fois, une Foi...

Je regarde attentionné cette représentation d'un tableau d'Eugène Burnand. Et je chantonne déjà, le cœur impatient le O filli et filliae du lendemain. Chant autant que poème, tableau, mélopée.

" Et Jean, l'âpotre, courut plus vite que Pierre et vint le premier au monument" dit la cinquième strophe. Ce beau tableau comme tant d'autres me fascine. Comme j'aime les visages de Pierre et de Jean, ils courent, bouleversés, craintifs et plein d'espoir. Pierre est halluciné, Jean espérant, priant. Il ne serait donc plus là, couché, froid et mort dans le tombeau où on l'avait déposé... C'est incroyable, il faut voir... Qui de la Foi ou de l'Espérance les fait courir le plus ? Regards sur leurs mains. Regards sur le ciel qui se lève, déjà au courant... Derrière le paysage, ocre, jaune, aride, assoiffé. Des oliviers.

On revient là au jardin des Olives, Gesthémani. La sueur et la peur, le sang et l'huile, la déréliction, le tourment et la joie. Le plan est serré, on ne voit pas grand chose, mais tout est là.

Demain c'est la joie de Pâques.

Espérance et regrets éternels.

vendredi 10 avril 2009

Vendredi Saint

jeudi 26 mars 2009

Le Pape dérape encore...


"A son retour à Rome, par une belle après-midi ensoleillée, le Pape aurait confié à une journaliste, sans aucune honte et avec un sourire assumé : "Il fait beau aujourd'hui !"
Ces propos ont aussitôt soulevé dans le monde entier une immense émotion et alimentent une polémique qui ne cesse de grandir.



En effet déjà quelques réactions d'autorité se font entendre devant tant d'arrogance et de mépris envers autrui, la vie, la différence, et la liberté citoyenne :


Le maire de Bordeaux : "Alors même que le pape prononçait ces paroles, il pleuvait à verse sur Bordeaux ! Cette contre-vérité, proche du négationnisme, montre que le pape vit dans un état d'autisme total. Cela ruine définitivement, s'il en était encore besoin, le dogme de infaillibilité pontificale !"

Le Grand Rabbin de France : "Comment peut-on encore prétendre qu'il fait beau après la Shoah ?"

Le titulaire de la chaire d'astronomie au Collège de France : "En affirmant sans nuances et sans preuves objectives indiscutables qu"il fait beau aujourd'hui", le pape témoigne du mépris bien connu de l'Église pour la Science qui combat ses dogmes depuis toujours. Quoi de plus subjectif et de plus relatif que cette notion de "beau" ? Sur quelles expérimentations indiscutables s'appuie-t-elle ? Les météorologues et les spécialistes de la question n'ont pas réussi à se mettre d'accord à ce sujet lors du dernier Colloque International de Caracas. Et Benoît XVI, ex cathedra, voudrait trancher, avec quelle arrogance ! Verra-t-on bientôt s'allumer des bûchers pour tous ceux qui n¹admettent pas sans réserve ce nouveau décret ?"


L'Association des Victimes du Réchauffement Planétaire : "Comment ne pas voir dans cette déclaration provocatrice une insulte pour toutes les victimes passées, présentes et à venir, des caprices du climat, inondations, tsunamis, sécheresse ? Cet acquiescement au "temps qu¹il fait" montre clairement la complicité de l'Église avec ces phénomènes destructeurs de l'humanité, il ne peut qu'encourager ceux qui participent au réchauffement de la planète, puisqu'ils pourront désormais se prévaloir de la caution du Vatican."

Le Conseil Représentatif des Associations Noires : "Le pape semble oublier que pendant qu'il fait soleil à Rome, toute une partie de la planète est plongée dans l'obscurité. C'est là un signe intolérable de mépris pour la moitié noire de l'humanité!"

Association féministe Les Louves : "Pourquoi "il" fait beau et pas "elle" ? Le pape, une fois de plus s¹en prend à la légitime cause des femmes et montre son attachement aux principes les plus rétrogrades. En 2009, il en est encore là, c’est affligeant !"

La Ligue des Droits de l¹Homme : "Ce type de déclaration ne peut que blesser profondément toutes les personnes qui portent sur la réalité un regard différent de celui du pape. Nous pensons en particuliers aux personnes hospitalisées, emprisonnées, dont l'horizon se limite à quatre murs ; et aussi à toutes les victimes de maladies rares qui ne peuvent percevoir par leurs sens l'état de la situation atmosphérique. Il y a là, sans conteste, une volonté de discrimination entre le "beau", tel qu'il devrait être perçu par tous, et ceux qui ressentent les choses autrement. Nous allons sans plus tarder attaquer le pape en justice."

A Rome, certains membres de la Curie ont bien tenté d'atténuer les propos du pape, prétextant son grand âge et le fait qu'il ait pu être mal compris, mais sans succès jusqu'à présent.
"


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Cet épisode n'est pas sans nous rappeler le dernier scandale du Pape sur ses déclarations honteuses et pernicieuses* à l'égard des ennemis de la Vérité et du pâté en croûte. Le Vatican et ses services secrets ont voulus occulter ce dérapage et cette provocation haineuse. Mais la vérité est ici


*Dépêche AFP - 24.03.2009 - Dernier discours de Benoît XVI
“L’Église catholique [...] seule détentrice [...] de la Vérité, [...] compte riposter [...] violemment [...] contre les ennemis du véritable [...] pâté en croûte [...] aux morilles.”

mercredi 25 mars 2009

Au diable Staline !

Comédie délicieusement sabraque. Drame cocasse, vie débordante, poésie. Accordéons, paysages riants, rires canailles. Court et bien mené en cirque et fanfare roms. Avec une scène d'anthologie autour de la table des noces où tous ces branques, ivrognes et bras cassés, chopinent et rigolent à s'en faire péter la sous-ventrière. HuMMMMmmm...

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dimanche 22 mars 2009

Toute entière

vendredi 20 mars 2009

1984 - Basculez dans les crimepensées

Relire 1984 c'est reprendre une claque.
Je n'avais pas souvenir d'une telle densité. Étais-je trop bête, panurge en mon temps lors de ma première lecture ?

Tout y est : le règne d’une dictature supranationale; l’instauration d’idéologies totalitaires meurtrières s’imposant comme « religion » des peuples; la manipulation de l’opinion par la falsification permanente de l’Histoire; les épurations en chaîne pour purger une société nourrissant des éléments subversifs en son sein; la main mise sur la jeunesse par son embrigadement ; la politisation et le parti-pris obligé des beaux-arts et de la culture ; les polices politiques; les systèmes concentrationnaires; les sophismes scientifiques et sociaux; les doctrines érigées en dogmes pompeux; l'eugénisme d’Etat ; l'abolition de Dieu par un régime; le déni de nature dans la reproduction; le musellement et l’asservissement de la pensée par une dialectique et une rhétorique partisane (la novlangue), etc. etc. Le règne du faux, du falsifié et du fallacieux.


Pièce à charge capitale pour le procès des systèmes pétrit par des doctrines mercantiles, matérialistes et athées, ce roman n’a pas fini de diffuser son message qui se démode aussi peu que béret basque sur crâne de berger. Le dire et le lire, le redire, le relire : 1984 est un réveil-matin pour esprits endormis, vérolés, ou groggys par l'air du temps. Même pour mes cousins hominidés à atavisme simiesque dégénérescent, même pour eux, ce roman a suffisamment de traits saillants rappelant le réel pour qu’il ait de quoi les interpeller au niveau du vécu (sic)... Un travail de thèse ne suffirait pas à épuiser toutes les pistes et analyses qui s’essayeraient à une recherche d’analogies entre le vrai, le plausible, le possible, le probable ou l’improbable de ces anticipations dictatoriales vécues ou à vivre.

1984 devrait être étudié au collège et lycée avec autant de zèle et de commentaires laudatifs qu’un Zadig, Black-Boy ou Sac de Billes. Nos jeunes penseurs ont autant - si ce n’est plus- matière à méditer sur la "Démocratie en danger " dans cette œuvre majeure que dans une liftée rature qui fait la part belle au social-isme et à un réal-isme, cradasse si possible. Faire rentrer dans la cour des grands un livre donnant l’alerte au sens critique avec autant de pertinence, çà ce serait citoyennement couillu! Mais peut-être nos censeurs l’ont ils indexé car trop vieux (1984 ?, Mais c’est passé !) ou pas assez sulfureux ( et ils sont où les crimes passionnels, les amants séropos, les couples tri-hommiques, le trans rejeté ? le panel de la diversité est trop imperceptible et la conscience écoplanétaire totalement absente ) ou trop réac !

Trop occupés qu’ils sont à développer les sens libidineux, écocitoyens et durables de nos chères têtes, de moins en moins blondes, ils ferraient mieux d’entreprendre l’éveil du seul sens qui délivre : le sens critique.

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Voir l'excellent Petit dictionnaire qui n'est pas illustré. La Novlangue du siècle débusquée.

mardi 17 mars 2009

Guinness for Paddy's !!!!!

Guinness for Paddy's !!!!! Si il y a une seule fête d'importation que je ne boude pas c'est bien la Saint Patrick !

D'Irlande ou pas, vrais Leprechauns ou irlandais de circonstance, ce jour là, tous à nos verres pour fêter et honorer Saint Patrick, patron de l'antique Eire !
Celui-là même qui donna au Vème siècle son trèfle en symbole à l'Irlande, en même temps qu'il chassa tous les serpents de l'île et fit des druides et bardes des ermites et des moines.
Verres en main, vers en bouche, g
ardons mémoire !

Alors pour fêter çà à l'unisson, et si vous êtes par malheur privé de la vraie joie d'un pub (les "pubs" avec écran plasma diffusant MCM ou Virgin 17 NE SONT PAS des Pubs!!!), invitez des potes, vos mémés, vos voisines, car le prétexte n'est pas sans excellence.
Sortez vous ensuite ce qu'il faut de Stout
s, Guinness, Beamish ou de Wiskey, faites vous un irish stew -ou à défaut un lapin aux pruneaux d'Agen- pour tenir une nuit celte, et dégainez la télécommande de votre chaîne pour faire péter les Watts ! Du volume 34 à tous les étages !!!!
Car comme le dit mon Capitaine Frakasse : "en avant la musique ! Folk You !!!"


Apéro lancé, faire monter la fièvre verte dans le jukebox local avec trois groupes de légende at-home, du lourd pour vos oreilles, du velours pour vos braveheart !

Pour les tradi-trads de la musique folk irlandaise, rien de mieux qu'un coup de The Dubliners dans les escourgues :

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Pour les mélancoliques et tradi-folk-punk, on n'échappe pas aux mythiques Pogues (Mahones) de Shane Mac Gowan :

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Et enfin pour les celtiques musclés, mâtinés de punks à l'américaine sauce blanche, The Dropicks Murphys pour giguer plus ou moins gentillement :

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Après je laisse dérouler la bande son : De Clannad aux Cranberries, en passant par Therapy, U2, The Commintments, Enya, Capercaillie, Solas, etc. etc.

A chacun son irish fighting spirit !

Que la musique se boive, que la Stout s'écoute, et que les rousses se donnent jusque tard dans vos nuits !

Slainte !

mardi 24 février 2009

Bruegel, Maurice, Nux et les autres...

Jour de grasses bombances et d'orgiaques frigousses, faisons tourner dans les platines Cara'mentran de Nux vomica pour une bande son ad hoc afin d'accompagner la bataille de Monsieur Caranaval et son cortège charnel contre la figure de Mestre Carême et sa suite famélique !
Jour de cendres, occasion parfaite pour explorer ce tableau fascinant de Bruegel l'Ancien.



Plaisir immense à me confronter à ce tableau aux cent scènes et saynètes mises en lumière ou obscurité par Bruegel.

Et pour ne pas faire dans la publicité mensongère finissons par ces quelques vers de Maurice, compère belge sus-cité :

Le chat ouvrit les yeux
Le soleil y entra.
Le chat ferma les yeux
Le soleil y resta.

Voilà pourquoi le soir,
Quand le chat se réveille,
J'aperçois dans le noir
Deux morceaux de soleil.

Et pour passer la quarantaine, n'oubliez pas la consommation du "pain liquide". Il faut savoir trinquer sans petitesse au Salut des morts et à la santé des vivants !

mercredi 28 janvier 2009

Tragicomédie



"La vie est une tragédie pour celui qui sent et une comédie pour celui qui pense"

Jean de La Bruyère, Les Caractères

lundi 26 janvier 2009

Ecorcé vif

Je me souviens on était bien.
Nous n'étions jamais deux
Toujours autour de nous une dizaine de branches
Des branches paradoxes pour ne jamais tomber.
La joie était piquante sur sa peau détendue
Étendue jamais nue


Un jour de nuit, prise de vertige
Elle a voulu trop jouer
A force de furie, elle a tout élagué...

Toujours ce tronc commun
Mais beaucoup moins d'ombrage.
Une épure d'harmonie, déchue.

Sous le poids de cent feuilles
Écrites à l'encre amer
Revouloir l'improbable, la bourre et le feuillage.

Mais chacune à leur tour
Les saisons ont raison

Sans le savoir
On a séché l'aubier,
Fibres fatiguées, houppier taillés.

Aujourd'hui hors forêt,
Deux arbres desquamés,
Petit et grand, déracinés.

dimanche 25 janvier 2009

Portée disparue

Une maison vide. Sans fenêtre. Une porte fermée. Partie sans laisser d'adresse.

Et pas de poste restante. Pas de fil d'Ariane. Pas de reconnaissance vocale. Pas de mouchoir au sol. Pas de croix sur les arbres. Pas de miettes sur sentier. Pas de caillou itou. Pas de crinoline dans les branches. Pas de papier à terre. Pas de mots en l'air. Et pas de ronds dans l'eau.
Pas de lapin. Pas de fille. Pas de pas.
Pas de délit de fuite. Pas de délire de lire. Disparition d'écrits.

Une fille évanouie est-ce une fille épanouie ?

vendredi 23 janvier 2009

Il est un temps au coeur du doute...

Rien n'est perdu mon Fracasse, à toi de jouer ! Tu vas leur en mettre plein la gueule! Et tu vas les coiffer, avec ton arme fatale : le verbe de feu ! Et n'oublie pas ton arme absolue de l'éternel liseur : le Stabilo jaune !
Vas-y mon Capitan, on est en appui. Sur la brèche, sur le qui-vive. Sûr de toi.
Rage et Courage. Salves et salutations.
+ /+

"Si les hommes ne dansaient pas sur les volcans, je me demande où et quand ils danseraient; l'important est de bien savoir que l'on a le volcan sous les pieds, afin de gouter son vrai plaisir d'homme libre".

Jacques PERRET , dans Bâtons dans les roues.

jeudi 15 janvier 2009

Pompidou revient, ils sont devenus fous !

Ce matin, 8h45, à la faveur d'une découverte hasardeuse, je devenais Pompidouien de stricte observance. Philodendron activiste prêt aux vœux définitifs du tiers ordre de la vieille branche et du tronc chenu. En attente d'actes répréhensibles. En attente de résistance.

Ainsi donc, Pompom, le républicain dandynisant vient de gagner sa place dans mon panthéon royal. Au coté de Charlemagne, père protecteur du tilleul villageois, au coté de Saint Louis et du chêne de Justice, à la suite d'Henri II que je vénère pour sa politique en faveur des alignements d'ormes, et après mon Colbert de Jean-Baptiste, serviteur dévoué du royaume qui planta plus que tous de l'ombre et du travail en France.

La cause de ma conversion et de l'intronisation du Pompom est une lettre personnelle du Président de la République au Premier Ministre envoyée le 17 juillet 1970... Dans cette lettre Pompom interpelle le Chaban-Delmas pour lui intimer de veiller à conserver les alignements d'arbres en bord de routes, et d'en faire une affaire capitale où il souhaite que son désir soit entendu. Il en fait simplement une mission, tout bonnement une raison d'Etat. Et il rappelle à l'ordre ces fonctionnaires zélés et révolutionnaires dans l'âme qui tronçonnent à tout va, sous couvert de "sécurité" et de "normalisation", ces allées majestueuses qui accompagnent, rythment, scandent nos voyages, nos paysages et nos souvenirs de voyages et de paysages.

"(...) La France n'est pas faite uniquement pour permettre aux Français de circuler en voiture, et, quelle que soit l'importance des problèmes de sécurité routière, cela ne doit pas aboutir à défigurer son paysage. "


Et de conclure sa lettre en prophète autant qu'en poète :

"La vie moderne dans son cadre de béton, de bitume et de néon créera de plus en plus chez tous un besoin d'évasion, de nature et de beauté. L'autoroute sera utilisée pour les transports qui n'ont d'autre objet que la rapidité. La route, elle, doit redevenir pour l'automobiliste de la fin du vingtième siècle ce qu'était le chemin pour le piéton ou le cavalier : un itinéraire que l'on emprunte sans se hâter, en en profitant pour voir la France.

Que l'on se garde de détruire systématiquement ce qui en fait la beauté !"

A la lecture de cette lettre tout philodendron et amoureux de paysage s'esbaudira. Et qui peut se prendre à réver qu'aujourd'hui, Sarkozy le clinquant, prenne sa plume et se mette à écrire à son premier valet pour lui demander d'arrêter de le prendre pour un con et de veiller à la protection des arbres au bord des routes.

Conserver les arbres pour pouvoir les regarder, aimer les regarder, les contempler, et se laisser traverser par la route, ce paysage qui nous traverse. Tout cela me parait le premier signe d'une excellente santé mentale. Détail diront certains. Ils ont tort. Ce détail est capital. Essentiel.

Parce que les arbres au bord des routes c'est beau, c'est élégant, c'est reposant. Parce que les arbres aux bords des routes ont une histoire. Et parce que les arbres au bord des routes sont la signature d'une culture française de la route et du paysage.


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Quelques semaines avant son élection, Naboléon Premier, sans honte et sans vernis laissait échapper dans une interview qu'il était indifférent aux lieux et aux paysages (sic).

Que peut-on attendre d'un homme que les visages d'un pays -dont il a la charge- n'émeuvent, ne fascinent ou n'inquiètent ?

vendredi 2 janvier 2009

Voeux de cosaque


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... aux autres, à ceux qui restent, reliquat d'esthètes et dilettantes, bretteurs et culs-terreux, guenillards et malandrins, cosaques ou hussards de tout poils, montant à cru ou assaisonné, je souhaite de Belles saisons et de Bonnes chevauchées pour 2009 ! Que vos rêves vous devancent et vos vies vous ravissent !

Santé, Salut & Fantaisie !






mercredi 24 décembre 2008

En route, Il vient...

lundi 22 décembre 2008

Pendez-les, hauts et courts !

Quel bonheur, quel plaisir jubilatoire de découvrir hier, au bénéfice d'une promenade postprandiale en Quercy, un tel spectacle. Imaginez : toute une armée de Pères Noël, mains ligotées derrière le dos, bedaines en suspension, corde bien passée autour du cou, se balançant comme des malfrats pervers. En voilà un vrai arbre de Noël ! Ô joie simple du Noël qui vient !
Jugés et condamnés, ces vieux grigous puants, chopés juste avant d'avoir pu pervertir un peu plus les enfances à portée de pubs, et si déjà vérolées par ce chancre du Mystère. Cette initiative isolée et champêtre d'un pur sabraque m'enthousiasme. Comment n'y avais-je pas pensé plus tôt ! Faîtes passer le mot, qu'il court sur la ligne de front, le combat a commencé : choppons les dans les Carrefours, dans les Séphoras, dans les agences de voyages, chez votre boulanger, chez votre mamie, etc. et pendons-les, tous, hauts et courts !
Sursum corda !

: )))

Cliquez la photo pour juger du travail d'expert. Les cordes bien tendues, vrillées comme-il faut, et les liens costauds façon bondage. Un must. Inspirez-vous.

"On ne se laisse plus sonder par la naïve mise en cause : Et pourquoi est-ce qu'on doit être mort ?. Il est toujours possible de bâillonner l'importun avec de la télé et des cadeaux. De tous les terroristes barbus, le Père Noël n'est pas le moins dangereux. C'est l'agent principal du formatage. Rien de mieux pour éliminer l'enfance. Les parents qui "pour ne pas l'influencer" refusent à leur petit toute éducation religieuse le soumettent sans crainte à ce Vicaire de la Publicité*. Votre garçon s'émerveillait d'un bout de ficelle, le voici qui revient en réclamant le robot électronique de la page 72 du catalogue Joué-Club. Le plus gros a été fait pour qu'il devienne un bon travailleur, bon consommateur, qui fera tourner la baraque. Il n'y a qu'à regarder nos têtes sourcilleuses ou rigolardes, comme elles sont loin de la flamme enfantine".

*Voir Jean-Baudrillard, Le système des objets, "La logique du Père Noël", 1968.

F.HADJADJ, "La profondeur des sexes; pour une mystique de la chair", Chapitre 4 : Le secret de Polichinelle ou que nos petits peuvent être grands. Seuil Éditions,Fév. 2008.

samedi 20 décembre 2008

Puissance de l'homme et faiblesse de Dieu

Sans faire dans l'exégèse hasardeuse, voilà comme j'entends la phrase de G. Thibon citée ici.

Aujourd'hui à hauteur d'homme, Dieu en son propre monde est visiblement faible, vulnérable, bafoué, négligé, négligeable. Débile malmené dans sa propre Création. Absolu diminué. Le Tout mis en minorité.
Il suffit d’ouvrir les yeux. Que fait-Il de sa puissance, ce Dieu pantocrator, ce Tout-Puissant, ce Deus Sabaoth ? Brise t’il l'indifférence, l’arrogance, le mépris, le sacrilège, ou le blasphème dont Il est l’objet ? Anéanti t-Il, hic et nunc, illico presto celui qui l’ignore, le renie, le conspue ? Non. Sa puissance ne se rend pas visible par des châtiments, ou des actes vindicatifs. Ce que nos yeux voient, c’est que pour les douze salopards le soleil darde et brille avec autant de chaleur que pour les douze apôtres. Et le soleil semble même souvent plus tendre, moins sec et brûlant pour les salopeurs que pour les apostoliques bonshommes. Grosse déception : "Dieu Tout Puissant" ne serait donc qu'un slogan d'archanges activistes... Il ne serait en fait qu'un Tout Puissant en puissance. Un potentiel de puissance, point barre. Peu d'intérêt... Si rien du coté de Dieu, voyons voir si ses fidèles ne lui auraient pas volé le feu sacré et jouiraient ainsi pour leur compte de la Toute Puissance...Les voilà donc, ces illuminés de la boussole, ces déchirés du cœur, ses "fidéles-à Lui-et-à-jamais" ses "croyants". Alors, sont-ils le reflet de la soit disant Toute-Puissance du Boss ? Là encore, grosse mais très grosse déception. Jusque dans les membres de son Eglise, dans ses hommes consacrés comme dans ses témoins les plus saints, peu de traces de puissance et de gloire immaculée. C'est même parfois l'inverse... Comment croire alors en la puissance d'un Dieu dont le culte ne rend donc ni plus riche, ni plus beau, ni plus jeune, ni plus intelligent ? "Peu performant, efficace, efficient" conclurait le bureau d'audit au sujet du Créateur. Finissant le rapport par un cinglant "potentiel de surpuissance non-exploité".



Aussi, si sachant cela on choisit en conscience la faiblesse apparente, le résultat non-éclatant, non-fonctionnel de Dieu dans notre siècle, on confine au choix insensé. Cela signifie : renoncer à la tentation de la toute-puissance, à "l’illimité". C'est opter pour l'insignifiant, c'est militer pour "l'absolu", l'humble, le petit. C'est croire que ce qui peut paraitre faible aux yeux de tous peut contenir la force de tous. C'est croire qu'un Dieu puisse se rendre accessible à notre humanité : c'est le mystère de l'Incarnation. C'est croire que la puissance du Fils consent à l'apparente faiblesse du sacrifice : acte de puissante inégalée. C'est croire aussi que ce qui est caché, obscur, ineffable, petit, peut être plus grand que nous : c'est le mystère de l'Eucharistie. C'est croire que le Salut est offert à tous, gratuitement, sans carte VIP, sans être bankable, sans être un PowerRangers : c'est le mystère de la Rédemption.

Bref, c'est vraiment envers et contre tout, semble t-il, que ceux qui choisissent le chemin de Dieu à « notre époque » (sic) optent pour la faiblesse dans toute sa candeur et son pathétique : l'Enfant de la crèche et le Christ de la Croix. "Vois la réussite du mec !!! Naitre dans une mangeoire et mourir comme un gibier de potence !" se fend l'humoriste du dimanche.
Personne n’ignore qu’il y a peu encore, le choix de Dieu relevé d'un choix moins "violent", tranché. Sans marxiser le discours, on été souvent chrétien par conformation sociale, par fidélité héritée, atavisme spirituel ou confort bourgeois. C'était quasi la seule façon d'être alors européen. Aujourd'hui il n'en est rien. L'époque exige de nous un choix tranché, assumé. Forcé à un usage plein de sa liberté. Être un homme déployé, entier dans son choix, voilà ce qui semble réjouir Thibon .

Et si Celui qui est tout-puissant a voulu se faire le plus faible, le plus vulnérable, n'est-ce pas pour signifier à quel point les critères de puissance et de faiblesse des hommes sont vains ? N'est-Il pas venu faible pour confondre les puissants ? N'use t'Il pas des fous pour réfuter les sages ?

Finir par la phrase de Saint Paul, l'avorton de Dieu : "Quand je suis faible, c'est alors que je suis fort", 2 Cor 12/10.

mercredi 10 décembre 2008

Crime ou Châtiment

A l'Est du jardin une crevasse entre neige et silence. Deux frênes osseux, un banc, une vieille. Au fond de la crevasse deux hommes, un rêve, une paire de dès.

L'inconscience d'un jour où tout se croit, se joue, se rit.
Le tourment du joueur, le revers de fortune.

Mains calleuses pour mains sales. Ils ont jeté leur dés dans un grand cri tremblant.
On joue sa vie pour un quartier de viande, pour le sein d'une femme, sur la peau d'un mourant tannée comme un tambour.



Retenir la démence en léchant la sueur perlant sur les pommettes, ivre d'envie. Voilà que les dés dansent. Le six gagne le cinq. L'un exulte de joie mais l'autre l'étouffe de rage. Le cri devient crime.La sentence des dès les menottes aux poignets.

Tuer le temps qui nous condamne en jouant tout pour tout. On résiste, on se lâche, on lance on se suspend, on se frappe on s'oublie.


La geôle s'est ouverte, le gardien a paru.
Il a repris les dès, il confisqua leurs vies.
Plus de fièvre du jeu pour chiffrer sa douleur.
Le dé qui les possède ne montre plus sa face.
Sentir qu'on va se refaire toujours au tour suivant.

Le bonheur à six faces, la douleur tout autant.



mercredi 3 décembre 2008

En lisant

" Je ne suis pas inconstant, mais divisé. Je reste fidèle aux choses les plus opposées".



"J'aime notre époque, parce qu'elle nous force à choisir, entre la puissance de l'homme et la faiblesse de Dieu".

Gustave THIBON, in Aux ailes de la lettre.

vendredi 21 novembre 2008

Relâche avant w.e : grosse fatigue

C'est l'intermède entre deux phases de notre session de formation. Un café sur la table, ma collaboratrice -la châtaigne, celle qui glousse devant les pensées de Van Damne- me propose un jeu débile, ordi allumé face à elle.

Va pour jouer ! Elle se dit capable de savoir à qui je pense en me posant une série de questions. Ok, je songe à qui je ne devrai plus depuis un bail. Elle commence un questionnaire, qui au fur et à mesure me déshabille le secret. Au bout de 20 questions elle tranche : "tu penses à ton ex" !


... Et si on recommençait ?

C'est donc reparti avec 20 questions d'Akinator le génie (de la probabilité et des choix discriminants) qui scrute vos réponses pour lire vos pensées et vous dévoiler in fine le nom de celui ou de celle à qui vous pensez ! Que ce soit Marlon Brando, Jessie James, Rembrandt, Brigitte Bardot, votre ex-amoureuse, votre patron ou votre (mon) fantasme inavoué : Scarlett Jonhansson !!! Je sais, Albertine ne va pas être d'accord. Mais bon, j'assume. Le pire c'est quand le verdict du virtuel devin s'affiche, photo de la personne -si elle est connue - en prime (pas celle de votre boss, votre voisin ou votre régulière bien sûr!).



Sur quinze essais, le génie s'est trompé deux fois ! Il a séché et est passé à côté de Jean Giono et Stéphane Eicher. Ce qui est impardonnable certes, mais fait cependant une très bonne moyenne.

Pour découvrir la BB, en huit questions l'affaire était pliée : une femme, française, cinéma, mondialement célèbre, blonde, plus de 60 ans, bête de sexe, qui aime les animaux ? Après le génie m'a baladé avec des questions telles : votre personnage se lave t-il les dents ? votre personnages à t'il des mains ? etc.


http://www.akinator.com/aki_fr/index.html

On comprend très vite l'envers du jeu et la construction méthodique de l'architecture des questions qui permet d'éliminer et de restreindre les choix (homme ou femme, mort ou vivant, célèbre ou inconnu, etc, etc.) pour arriver, à partir d'une base de données énorme de nous dégoter le secret de nos pensées. Reste que c'est marrant, et on se prend au jeu de vouloir le détromper et le voir se planter lamentablement, ce vilain d'Akinator.

C'est très con et sans intérêt ? Oui, mais vous étiez prévenu ! Le titre du post n'a pas menti : "relâche" et "grosse fatigue". Je n'ai pas trompé le chaland....

Et c'est ainsi que l'on s'occupe dans les bureaux de fonctionnaires... Pleurez pleureuses, jouez fanfares funèbres, voici que la France hors des stades se relèvent ... jouant à l'haruspice du quartier qui n'a plus besoin d'entrailles de porc -même casher- que de marc de café pour deviner que vous aussi vous pensez à Scarlett....

Réfléchissons à....

la digestion....

J'ai une amie qui lit, qui lit, qui lit. Toujours. Aussi, à toutes nos retrouvailles j'enrage de devoir lui raconter la suite de bouquins en chantier, entamés à la sainte Noémie de l'an passé. Ceux-la même qui espèrent -mais certains ont perdu la foi- de me voir un jour les caresser avec plus d'attention et les finir, enfin ! Alors qu'elle, la Marie, elle me liste les livres invités, combattus, achevés, déglutis en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Entre chaque rencontre, elle me ainsi t toujours plus de livres entre nous.

Reste que, toute honte bue quant à ma paresse intellectuelle et à mes carences, je m'interroge souvent sur ce que les livres nous livrnte, sur ce que l'ingestion de lettres enphraseés nous apportent, vraiment. Car lire est-ce vraiment la question ? N'est-ce pas plutôt bien lire qu'il faut faire ? N'existe-il pas des lecteurs "tubes digestifs" genre : je m'empiffre de mots et les chie aussitôt. Sans malaises, sans graisses, sans muscles ajoutés ? Que des mots en transit. Et n'en existe t-il pas d'autres style lecteurs "ascètes profiteurs", tendance : je lis peu, une lecture diététique et choisie et je digère, digère; avec ou sans régurgitations ? avec gestation sans congestion ?

Ce livre de choses -magnifique et classique en son genre : jugez-en!- m'invite à cette réflexion : Je lis, tu lis, elle lit... mais qu'incorporons nous ? que retenons-nous ?

Un livre lu c'est combien d'amis-mots ? Combien de phrases assimilées, incorporées ? Quelles phrases m'ont atteint pour être ici ciment, là pansement, et aqui mismo matière à construire, édifier ? Que reste t'il en nous de ces mots ingérés ?

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JEU - "Quel lecteur suis-je ?" - Consigne :
Si tu veux savoir si tu es un lecteur de catégorie 1 (lecteur dit "tube digestif " ou "lecteur gros colon" en terme technique et familier) ou un lecteur de catégorie 2 (lecteur dit "ascète profiteur"), clique sur l'image et joue vite avec Adèle (la jeune blondinette à la robe bucolique) et Renée (jeune garçon aux culottes courtes fantastiques) en remplaçant les pointillés tes réponses de fin limier.
Si tu fais partie d'une autre catégorie de lecteur, lève-le doigt et explique-nous quel lecteur bizarre tu es.

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"On ne vit pas de ce que l'on mange, mais de ce que l'on digère"
Alexandre DUMAS padre

jeudi 6 novembre 2008

Dvd al dente !


Laissez-là tout votre fatras et haro sur le dvd du jour "Ciao Stefano" (Non pensarci) de Gianni Zanasi. Matez le film en VOSTF, c'est un régal : buono, bene-bene !!! Et çà rappelle la séance du ciné niçois...

C'est un petit film sans prétention. Mais c'est drôle, rock mezza-voce, tendre et euphorisant ! L'histoire d'un rocker sur le retour qui rentre trop tôt d'un concert et se voit cornu... Et c'est sans haine ni violence, qu'il quitte Rome et s'en retourne guitare en bandoulière vers la maison familiale le temps de s'y panser un peu et de s'y sentir de trop. Un anti mamamoni, mais un vrai italo.

Le film navigue dans le léger et grave à la fois. Il parle mieux des liens familiaux de l'époque qu'un film sociologique d'auteur, sopo et méandreux. Les personnages sont tous très attachants, Valerio Mastandrea est au poil et la belle Anita Caprioli naturelle et charmante. Le film fourmille de petites scènes délicieuses, cocasses, rigolotes ou piquantes.

On ressort juste de ce film bien, heureux, sourire aux lèvres et on a envie d'amitié, de simplicité de liens, de musique pop et d'un tee-shirt orange estampillé Zorro façon pochoir; tout simplement.
La B.O pop qui l'accompagne est au poil, e cosi va bene avec notamment Over and Over Again ( et l'entêtant Clap Your Hands Say Yeah), et le fameux titre mythique Agnese d' Ivan Graziani qui colle si bien à la pellicule !



Je suis ravi d'avoir poussé ma brouette pour décider Fred "Petit froid", Nelly "Pied de cochon" et Céline "Ménage et propreté" voir ce film. En guise de suprêmes remerciements on m'a offert une salade niçoise, un verre de Cahors (ben oui, le Bellet c'est trop cher et c'est pas terrible...) et in fine une tisane verveine (cf. réplique du film), "çà faisait quinze ans !"
; )))))



video

mardi 4 novembre 2008

N'en revient-on jamais ?

lundi 3 novembre 2008

"De l'importance du messager"


Mai dernier. Après un pique-nique sur une prairie sans ombre nous sommes montés à Levens. Avons gravis le chemin en calade, serpentant dans les planches (restanques) pour rejoindre le troquet sur la place, passant devant la chapelle des pénitents blancs. Dans l'angle de la place une simple et jolie sculpture de Jean-Pierre Augier. Un facteur porte une lettre qu'il nous tend, suivit d'un chien joueur et guilleret. On dirait le facteur de Jour de Fête de J. Tati. La lumière de l'instant rend le messager angélique. C'est une bonne nouvelle; une Annonciation.

samedi 1 novembre 2008

Primitif élaboré

Il trouve les sentiments sales et adore les charades. Entre autre chose il collectionne des pièces Raku, se définit comme un sensuel éperdu. L'amour qui s'étale le barbe. Sa barbe le fait celte et ses yeux gourmands ne renient rien. Et je ne vous dis rien de son fighting spirit et de ses rêves immergés. Pas de vie sans rugby comme pas de jours sans vin. Il aime l'idée de Clan et l'universalisme le fait rire ou vomir. Il dévore la vie, sur la table, dans les livres, dans ses toiles, ses conversations. L'amitié à sa table s'épanouit et se ramifie. Sa pensée s'élabore et se nourrit sans cesse dans les entrailles de l'art primitif et de l'art d'avant l'Art Contemporain dont il est un contempteur sans concession. Il peint à l'œuf et aime peu les légumes. Il pense comme un autre François que "le mal temps passe et retourne le bon pendant qu'on trinque autour d'un gras jambon". A une prédilection pour la peinture sur bois. Les Primitifs Flamands ne dorment jamais loin de son champ d'inspiration. Il maudit l'impérialisme romain et vénère la Grèce antique. Mais Dieu merci il ménage encore un peu l'Italie... Quant à la préhistoire et au haut moyen-âge, ce sont des contrées bien connues et souvent arpentées. Il collectionne les citations et en fait des poèmes. Il rit haut et fort. A un égo d'artiste mais ne se répand pas. Il est grand travailleur, et je le soupçonne petit dormeur.
Il peint sans concept mais non pas sans idées. Quand il pense il pense, quand il peint, il peint. Il peint ou tapote sur son Mac avec des tripes et des symboles. Jamais à court, toujours à long. Des topiques : le bestiaire immense des hommes, des vertus et vices; le labyrinthe, la vis sans fin; les casques, le lion, l'épi et la Licorne !



Et voilà qu'après le Jeu de l'Oie (exposition 2007), il s'expose et se met en joue une ultime fois. Car cette fois-ci c'est une exposition fatale. Fatum, ô destinée ! En effet cette exposition c'est le projet de sa vie donné à voir. Donner à voir pour concerner, donner à croire en l'Art et construire ensemble (artistes, passionnées et amateurs); se faire passeur de techniques et pontifex non pontifiant voilà le projet ambitieux de Favolus.

De l'originalité et de l'ambition du projet Favolus je ne dirai rien. Il faut voir par ses pores et comprendre avec ses yeux.
Ce qui risque peut-être de surprendre un peu les fidèles de l'artiste, c'est la mise en vacance de la couleur qui ici laisse la place à un travail en noir, gris, blanc.

De cet artiste contemporain qui n'a pas arrêté le compteur mais qui créée en son siècle -sans s'affilier à l'AC ou à un discours abscons et boboïsant- on a à dire et commenter.
Découvrez l'animal aux prise avec ses gouges et ses pinceaux; et obligez la Licorne à sortir du bois. Surprenez-vous, venez, voyez et tentez l'aventure !
Il exposera durant presque deux mois dans son fief lot-et-garonnais.
Et quant-à moi, le 14 j'y serai...

jeudi 30 octobre 2008

Si le singe descend de l'homme

"L'homme des cavernes n'apparait qu'au XIXème siècle. Auparavant on se figurait qu'avant soi, sur terre, il y avait des dieux. Le Grec évoque une race d'or pour laquelle "tout était beau". L'Indien Guarani chante des pères issus de Namandu à "la divine plante des pieds". les premiers hommes vénéraient des ancêtres sublimes : ils n'imaginaient pas qu'ils pussent descendre d'un singe. Pour commencer à le croire, il fallait être un bourgeois anglais. En plein essor du capitalisme. Dans les années où se créent le générateur électrique et la société anonyme.



En ces temps là, les usines dévoraient du prolétaire et les pauvres aller au turbin, ayant l'interdiction de mendier. Karl pouvait écrire en même temps que Charles. Les deux auteurs penser de conserve dans l'Angleterre productiviste. La critique de l'économie politique parait la même année que l'Origine des espèces. La pensée de la Révolution, celle de l'Evolution, se tiennent main dans la main. On croit au progrès de l'homme par ses moyens et ses propres ressources. On voit dans la technique un moyen de salut"...



F.HADJADJ, "La profondeur des sexes; pour une mystique de la chair", Chapitre 2 : Purement physique ou que la chair à beaucoup d'esprit. Seuil Éditions,Fév. 2008.

mardi 28 octobre 2008

Mademoiselle, MADEMOISEEELLLLEEE !!!!



....j'aime beaucoup ce que vous faites !
Enfin Gilles aime beaucoup !
; ))

jeudi 23 octobre 2008

Pélerin et exilé

Un homme écoute. Un homme pèlerin. Frappé par les mots de l'épitre de Saint Paul aux Théssaloniciens, "Priez sans cesse!", il se met en route vers un monastère, puis deux, puis trois etc. pour trouver auprès des starets réponse satisfaisante à cette exhortation exigeante et intenable pour homme affairé à gagner sa vie de ses mains . C'est une tribulation initiatique physique et métaphysique. Ca marche et se questionne tout du long. Il rencontrera durant son périple moult personnes qui lui donneront chacune à sa façon un éclairage, une piste sur l'objet de sa quête spirituelle. Ce chemin sur la caillasse et la boue c'est le chemin de l'apprentissage de la "prière du cœur" si chère aux orthodoxes. C'est vraiment une plongée intéressante dans une mentalité "exotique" pour qui n'est pas slave, ni familiarisé avec l'orthodoxie, ses rites et pratiques.
J'ai aimé cette incursion qui lève le voile sur une partie de la spiritualité orthodoxe abordée par l'angle de la prière sous la forme du récit. Un vrai road-movie de l'oraison personnelle, de la mystique de l'hésychasme (dite "prière de Jésus") et la découverte et l'éloge de la célèbre Philocalie.
Pour les grands flemmards de toutes espèces,sachez toutefois que Quentin Gréband a adapté, non sans talent ce grand classique russe en BD, aux Editions la Coccinelle. ; )
Dans la foulée j'ai vu l'Ile, ce si beau film de Pavel Lounguine.Histoire folle et brulante, de ce Père Anatoli, saint fracassé, original inspiré,thaumaturge espiègle et insondable. De belles images et du vent sur nos âmes.

samedi 18 octobre 2008

La courtisane, la désolée, l'aimante, l'extatique, l'ermite...



Biarritz. A l'abri de la pluie. La voilà là, la femme dévorée d'amour et de douleur à qui le Christ a choisi de se montrer en premier au matin de Pâques. Une joie suspendue. Presque Art Nouveau.

vendredi 17 octobre 2008

Amazing amazone

Reprendre un contact. Un signe pour un signe.
Aller chercher le colis.
Résister à la pente. Lutter contre le sommeil rampant. Y céder. Contentement.
Parler, écouter, dialoguer. Boire. Dialoguer, écouter, parler.
Se taire pour la nuit.
Eveillé tôt se lever tard.



Prendre un café. Une belle tasse jaune oranger. Un verre ballon. De l'eau dans mon noir.
Visiter le, présenter à. Musarder, se raconter, s'alentir, boire, raconter, se couper la parole. Ne plus trop s'écouter. Passer du coq à l'âne. De l'âne à l'âme.
S'asseoir en terrasse, demander Fabien, commander des salades et un pichet de Castelpif. Rencontrer des ex-rockers. S'entendre raconter la vie par le menu de Sylvie Vartan et de Jacques Dutronc. De son guépard à ses chats, de ses frasques à ses entourloupes. Les pleurs de Sylvie. Taxer une roulée au voisin. Plaisir de fumée. Le récit du premier concert des Beatles. Mise à jour la libido de Mireille Mathieu (qui l'eut cru?). Énumérations des stars et contacts d'hier. Lassitude. Décalage. Derrière mes lunettes noires; juste boire le soleil. Une autre époque: pas la mienne. Une absence au discours. Revenir dans la course. Aimer çà. Continuer de se déclarer non-fumeur et taxer une seconde cibiche. Divine fumée.
Prendre campo, enfin. Et marcher un peu.
Lézarder, respirer par la peau, rester assis le cagnard pour dorer et craqueler nos peaux. Filer vers le sud. Etre à l'heure. S'arrêter pourtant, pour les arbres. Visiter un cimetière. Un essaim formidable. Des modillons diserts. Dire des mots sans virage. Louer.
Déposer le colis. Dire au revoir et merci. Remarquer le labyrinthe et la belle charmille. Demander le comment, le pourquoi, la colonne portugaise ? Rien en face. Verbe mou.
Repartir vers le nord; les fenêtres ouvertes. Le talus est bien gras et le muscari bleu. Prendre une photo, comme l'autre dimanche.



Une somme de connaissances. Un talent littéraire. D'autres talents. Velléités musicales. Bientôt comblée ? Une femme-enfant.

Muere lentamente...

Muere lentamente quien no viaja,
quien no lee, quien no oye música,
quien no encuentra gracia en sí mismo.



Muere lentamente quien destruye su amor própio, quien no se deja ayudar.
Muere lentamente quien se transforma en esclavo del hábito repitiendo todos los días los mismos trayectos,
quien no cambia de marca, no se atreve a cambiar el color de su vestimenta o bien no conversa con quien no conoce.

Muere lentamente quien evita una pasión y su remolino de emociones, justamente éstas que regresan el brillo a los ojos y restauran los corazones destrozados.

Muere lentamente quien no gira el volante cuando está infeliz con su trabajo, o su amor,
quien no arriesga lo cierto ni lo incierto para ir atrás de un sueño quien no se permite, ni siquiera una vez en su vida, huir de los consejos sensatos...



¡ Vive hoy ! ¡ Arriesga hoy ! ¡ Hazlo hoy !
¡ No te dejes morir lentamente !
¡ NO TE IMPIDAS SER FELIZ !

Pablo NERUDA
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Photos : Steve Pyke - "Je savais lire le ciel" - Editions Actes Sud

mardi 14 octobre 2008

Désir mimétique

Chemin roulant, radio surfant avec Burrito nous sommes tombés par hasard sur une émission forte intéressante.
Et pour sûr qu'elle peut vous intéresser comme elle intéresserait Dolly.

Le concept de "Désir mimétique", çà vous évoque quelque chose ?

Mais oui bon sang, mais c'est bien sûr l'illumination géniale de René Girard !

Pourquoi je désire ce que je désire ? Et pourquoi mon désir et mon envie ? Quels moteurs ? Pourquoi la jalousie, la rivalité ? Pourquoi peut-on passer si vite de l'amour à la haine ?
Sommes-nous tous "victimes" du désir des autres ???
etc.

C'est à toutes ces questions que tente de répondre la théorie unitaire de René Girard. Il puisse dans les mythes, la littérature, l'histoire, l'actualité, les "preuves irréfutables" (sic) de ce moteur psychologique et inconscient (la plupart du temps) de l'homme.

Et on s'étonne alors, en cherchant un peu dans sa propre vie à quel point nous aussi nous avons pu rentrer, sommes ou pourrions rentrer dans cette configuration de protagonistes du désir mimétique. Je dois dire que je n'ai pas eu de mal à en trouver dans ma vie perso ! ; )

"L'homme désire toujours selon le désir de l'Autre" est le postulat autant que la conclusion du désir mimétique. Désir décomposé qui met à nu le conflit tragico-comique dont nous sommes souvent les protagonistes aux désirs interchangeables et transformés malgré nous en « doubles » symétriques "en miroir" dans des relations duales de rivalité (mimétique) qui conduisent fréquemment à la violence (mimétique). Rapport triangulaire du désir mimétique (notamment dans les relations amoureuses ou de pouvoir) dont une simple analyse sans concession de notre entourage, de notre vie nous montrera la terrible actualité et la déconcertante acuité.


A
ussi quand mon oreille est tombée sur l’émission radio où le neuropsychiatre psychologue Jean-Michel Oughourdian* traitait et développait le concept du "désir mimétique" en y ajoutant un pendant clinique, notamment lorsqu'il évoque cette découverte incroyable des fameux "neurones miroirs", je suis resté médusé et j'ai compris à quel point on sous-estime la clairvoyance de ce concept de "Désir mimétique". C'est dommage et souvent dommageable... Je vous invite à vous plonger sur le sujet: c'est tout bonnement passionnant...



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* il y a quelques mois il vient de sortir :
"Génèse du désir", Editions Carnets nord.

Quatrième de couverture :

"Nous avons abandonné les codes qui réglaient nos liens amoureux. Mais sommes-nous maîtres de nos choix ? Rien n'est moins sûr. La multiplication des divorces ou des séparations révèle une loi que nous ne voulons pas voir : l'autre nous repousse aussi violemment qu'il nous a attirés.

Nous sommes devenus malades de notre désir. La convoitise et la rivalité se sont insinuées au coeur du mouvement qui nous portait l'un vers l'autre. Tel est le constat de Jean-Michel Oughourlian, dans cet ouvrage où la guerre des sexes trouve enfin une explication scientifique. La découverte des neurones miroirs, corroborant les thèses de l'auteur, vient éclairer les phénomènes d'empathie, mais aussi les mécanismes de la réciprocité violente.

Comment sauver un couple lorsque la guerre s'y déclare ? En l'aidant à reconnaître que le désir ne vient pas de soi mais de l'autre. Des stratégies sont possibles, que l'auteur a mises en pratique avec ses patients. Alternant les études de cas et des moments plus théoriques, cet ouvrage défend avec conviction l'idée que la rupture n'est pas une fatalité."


Vous pouvez même ici écoutez ici un petit topo de l'auteur : http://www.carnetsnord.fr/titre/genese-du-desir

lundi 13 octobre 2008

Dum spiro spero...


J’ai revu Respiro !
Quel régal ! Quelle belle nuit après çà ! Vous dire un peu tout çà, tout à trac.


D’abord il y a le soleil, la mer, la réverbération éblouissante de cette lumière blanche, lumière de transfiguration.
Il y a ensuite la peau halée, ce goût du sel. Pascuale, le grand fils, le brun, l’amoureux de sa mère. Gracia pleine de grâce, librement folle, habitée, enthousiaste. Pietro pécheur amoureux et jaloux, italiano vero ! Marinella, la fille à la poitrine à crever l’œil à un saint aveugle à qui l'on a envie de dire comme le carabinier "je suis le marin de ton coeur".
Et le Philippo, le petit taigneux, roux d’Italie, peau de bronze, macchiato comme il faut, angelot démoniaque en slip de couleur, qui s’essaye à la virilité démonstrative ! Terrrrrible !

Cap au Sud. Toujours le soleil de mer, toujours cette peau hâlée, encore ces slips couleur, ces robes légères, dents blanches et désirs au bord des yeux. Ile brûlante. Cette femme trop heureuse, pleine d’affres d’amour, fantasque : « Ou elle est joyeuse et trop joyeuse, ou elle est triste et trop triste ! » dixit la nonna.
C'est la guerre des boutons déclarée,
Pénélope et Ulysse, Sirène seinturée et policier maladroit et ravi. La tombola et les mauvaises pioches du Philippo, dealant pour du rêve ses sardines. P’tits mâles « touche pas à ma sœur » ou « regarde pas ma mère » ! Machos amoureux et bella ragazza, sous le soleil de Lampedusa…

De l’Œdipe dans l’air, du Minotaure, beaucoup de mythologie. Il y a du désir et de l’amour. Moule-bîtes et marcels. La vie comme du sang bleu en méditérannée. C’est un vespa qui conduit des amants, enfants. Vivre dehors, sans livre. Dormir dans des pièces ajourées par des jalousies, un drap sur la peau pour seul ami. Aimer avec fougue.
« A Milan ? Pour m’aider ? Mais m’aider à quoi faire ?… ) ».
Séduction de l’entière liberté, au delà des bienséances.

Voilà, ce film m’a coloré la nuit, tout simplement, il m’a rendu léger.
Et cette fin, musique aquatique au saxo, fin mythologique, grouillante de vie, vue d’en-dessous, où tous sont dans l’eau, jusqu'au cou, dans un bouillon bleu transparent, bougeant les jambes, mouvements pour se maintenir à flot…
La vie comme la mer ne portant que ceux qui remuent. C’est connu.

A me déclencher la fureur de vivre. A me réveiller l’Italie imaginaire qui sommeille ici et là. Pas plus pour que j’affabule et voit mon Augusto péchant dans la lagune de Venise a passée de gondoles ; mon Isola faisant sécher la pasta et régaler ses pichinis de gnocchi.

Animo & Anima

jeudi 9 octobre 2008

Hommes de coeur & Esprits distingués


"Parlons sérieusement. D'abord, je suis surtout un chasseur de gypaète, d'ours cavernicole, de loup et de licorne; éventuellement harponneur de cœlacanthe. Ces gibiers, provisoirement raréfiés dans un monde en régression nous reviendront sans doute avec l'aurore du renouveau mérovingien attendu par tous hommes de cœur et esprits distingués. D'ici là je ne vais tout de même pas me gâter la main à tirer sur des perdreaux et j'abandonne le lapin aux gougnafiers."

Jacques LAURENT, in Cheveux sur la soupe.1954.

lundi 6 octobre 2008

Tribute to Stéphan

C'est un lundi où le travail m'ennuie.
Du taf il y a en a pourtant des brouettes.

Dehors çà giboule fort. On dirait Mars. Pluie, soleil. Pluie, pluie, soleil, pluie. Pluie et soleil, arc-en-ciel.

Astreint à rester joignable, je cède au surf musical...
Je tombe sur une interview de Stephan Eicher. Je clique sur le lien, clique ici, clique là et me voilà déjà loin dans une bibliothèque d'archives de clips. Alléchant voyage dans le temps, aux souvenirs des ères d'hier, de l'air d'avant. Alors j'épluche et écume depuis plus d'une heure les clips en ligne du
p'tit suisse à la voix éraillée, "Magnéto de la vie à l'envers".
Vl'à les chansons du lycée : Les hauts, les bas, les Pas d'amis comme toi, le Manteau de Gloire et même au loin venu d'un temps à peine né: La chanson bleue.Pour la plupart les clips ont l'âge de leur époque. Et visuellement çà fait mal...
Mais tout
Carcassonne est bon, chargé en souvenirs ronds. Je garde tout. Puis c'est la fac, l'excellent Non ci Badar, guarda e passa... Avec d'autres souvenirs. Plutôt tragi-comiques avec le recul.

M'arrêter aujourd'hui sur Rendez-vous. J'aime ce coté bohémien sortant d'un hôtel, courant la campagne et les mariages au grand air. Ce rendez-vous tenu par l'un, oublié de l'autre.
Et la trompette, ô la trompette !!! J'adore. Et un texte de Djian, encore.
L'autre nom d'Eicher ?
L'élégance.
Allez je file, j'ai un RDV "d'affaire ".


video

jeudi 2 octobre 2008

A boire de l'horizon

Vous avez quinze minutes à attendre, chez le doc, chez le garagiste, chez votre assureur. Profitez-en pour les ensemencer, pour y faire pousser quelques rêves paysagers...
Prenez de l'altitude et laissez vous conter la belle et courte histoire du petit garçon qui avait envie d'espace.

C'est une nouvelle de Giono sur la découverte du paysage autant que sur le rêve ! Nouvelle inconnue découverte grâce à une institutrice que je remercie au passage.

Le moteur de l'histoire, c'est l'énorme envie du petit garçon, c'est le désir de dépasser son paysage quotidien, celui qui lui bouche la vue à hauteur d'enfant, avec toutes ses haies, ses cloisons, ses murs végétaux. Il veut voir derrière, l'envers des haies plessées, l'envers des peupliers, des près bien fauchés. Mais il est petit. Et même en se hissant sur le plus haut des arbres pour s'en faire un poste de vigie, il ne parvient pas à découvrir : l'horizon qui lui manque, et la soif qu'il a de le découvrir.

Je ne vais pas vous dire comment il y arrivera, mais ce qui est certain et avéré par l'histoire, c'est qu'à la fin le petit garçon découvre la méthode infaillible de découverte de ce qui nous entoure, le moyen fabuleux d'aller au-delà de ce que l'on voit, nous impose, il découvrira quelque chose de très important...

"Qu'est ce que çà peut-bien être, cette chose si importante ? Je ne sais pas, moi !"

Vite, lisez-le, et en plus les illustrations jeunesses de François Place sont très jolies. Et découvrez par vous-même l'importance de la chose...

A lire et relire aussi, la merveilleuse histoire d' Elzéar Bouffier, l'Homme qui plantait des arbres. C'est génial, je viens de me graver le CD audio loué à la bibliothèque. La nouvelle y est lue par un Philippe Noiret parfait en ton et diction.

samedi 27 septembre 2008

Talitacoum !


Samedi, Ponette de Jacques Doillon . L'histoire touchante d'une fillette de 4 ans (Victoire Thivisol) confrontée au deuil de sa mère (Marie Trintignant), morte dans un accident de voiture. Suite au décès elle est confiée à un couple d'amis par un père trop occupé . Ponette va alors vivre avec douleur l'absence de sa mère, de son corps, de sa proximité. Elle va chercher sans cesse à la rejoindre en pensée pour retrouver sa présence charnelle à ses cotés. Elle ne se résout pas à son absence. Aussi c'est à hauteur d'enfant qu'elle va questionner, se heurter aux réponses des adultes, à leurs croyances sur la mort, à ce qui peut relier un être disparu à ceux qui l'aiment encore et qui en vivent. Une histoire sobre, sur le lien, le deuil, la foi, l'enfance. C'est tendre, attachant et déconcertant parfois. Cruel aussi comme la cour de récré. Les plans séquences sont longs et le rythme est lent. On prend son temps. Ponette est époustouflante dans un rôle qu'elle habite plus qu'elle ne joue. La fin est très belle, avec cette scène dans le cimetière où Ponette va revoir sa mère, non en esprit, mais "en vrai", ressuscitée, chaude et riante. Cette mère qui finalement lui redonnera l'envie de vivre, les raisons. Elle lui donnera -un pull rouge !- et la permission de retourner vers la vie, sans que l'une et l'autre ne s'oublient parce que l'amour qui demeure garde unit. J'ai beaucoup apprécié ce film, ces mélange d'instants doux-amers : Talitacoum, Yoyote, les palabres de dortoirs de ces marmots qui discutent comme avisés de la définition ad hoc de "célibataire", l'échange des cadeaux, etc. Les enfants qui entourent Ponette (Mathias et consorts) jouent justes eux aussi. Comme des petits hommes. Et ils en sont.
Les bonus du DVD ne sont pas inintéressants. Ils ajoutent encore à la compréhension du film. L'entretien avec Doillon retrace l'aventure du film : l'idée, l'anecdote du casting monstre, l'écriture du scénario, l'organisation du tournage. L'interview de Victoire Thivisol (Ponette) huit ans après le tournage est d'une fraicheur simple.
Une petite perle de film à mille lieux de tout cynisme ambiant. Il a gagné chez moi sa place entre La guerre des boutons, Le cheval qui venait de la mer et Marcelino Pan y Vino. Il y sera au chaud.

vendredi 12 septembre 2008

A gros bouillon


Petit livre, grand bonheur.

C'est l'histoire de deux amis, Vassia et Arkacha. Compagnons de tâche ils partagent chichement thé noir et modeste crèche. Au réveillon, Vassia tombe fou amoureux de Lisanka. La belle affaire, elle aussi ! Tout semble parfait sauf que parallèlement Vassia, bourreau de travail, doit accomplir une commande en un temps record. Entre émois, palpitants et fatigue accrue, le cœur de Vassia, ivre de joie commence à boire la tasse et s'affole en même temps que son jugement et sa maitrise. Confondant l'urgent et l'essentiel, ne s'y retrouvant plus, cédant au stress et à la fièvre, la folie s'invite et l'aliène. Malgré tous les efforts de Arkacha et Lisanka pour le ramener vers la rive de la mesure, rien n'y fera...

L’écriture de Dostoïevski est ici chaude comme sourires et larmes de joie. C’est une écriture qui retranscrit l’immédiat des émotions, brutalement. Elle réconforte, elle nous garde au chaud, au cœur d’un samovar où l’on assiste à l’infusion des sentiments des personnages jusqu’à leur éclatement en démonstrations physiques. Les mots nous amènent de suite près du trouble des cœurs grâce a une formidable appréhension des sentiments humains dans l’intimité, la promiscuité du bonheur.

Les dialogues de cette nouvelle sont intenses et d’une joie palpable. Joie qui devient insupportable pour Vassia, ce cœur faible, qui était si peu près à l'accueillir. Il ne sait pas comment la recevoir. Au lieu de s’en sentir flatté, de prendre confiance en soi, de s’ouvrir à ce bonheur qui arrive improbable, il déraisonne. Déraison d'un amour en déséquilibre.

Vassia, pas plus qu’Arkacha n’arrivent alors à maitriser ce subit déferlement de joie mêlé d’angoisse qui les inonde et qui finira par submerger Vassia, qui perdra pied, ne trouvant qu’une bouée pour s’accrocher à la vie dans la folie, en niant ce bonheur trop lourd dont au fond il ne se sent pas capable de vivre et d'assumer.
Ici tout est effusion de sentiment: le cœur cède, sans retenue.

Dans ce drame du bonheur, Dostoïevski nous montre une âme russe généreuse, démonstrative, excessive. C’est le drame d’un manque total de confiance en soi. Le drame d’un cœur faible parce que trop riche. Un cœur qui ignore l’ingratitude. Et le cœur de son ami Arkacha n’en est pas moins précieux : sympathisant , compatissant, en parfaite symbiose avec les états d’âme de son ami. Une histoire de cœur en or, de problème d’argent et d’amour-propre plombant.

La question du Coeur faible : existe t-il des êtres inaptes au bonheur ?

Cioran le pensait. Giono aussi.

mercredi 10 septembre 2008

Mise en jambe


Revenir pas trop tard pour balader ses pieds sur le pavé. Aller et venir sans objet, regardant les gabarres, les deux rives, fréquenter le vieux pont. Juste aimer sa ville, bastide sans fleurons. Descendre sur les quais. Draguer la rive.
Le clocher, les deux tours, l'église pénitente, les jardins trop discrets, en lanières. Et la place du marché. L'eau, la pierre et la brique. Mes pas derrière les siens et ma vue dans les rues. Je vois changer la ville qui s'étend et se mue. Courtisé et séduit. Ville de rien, ville de joie.

dimanche 7 septembre 2008

La vraie et éternelle question restera toujours :


Que fait-on d'un puzzle dont il manque une pièce ?

Cette question me fascine...
Ravensburger ou pas.

vendredi 5 septembre 2008

Vénus, Salomé, Marie, Mona, Françoise...

Je ne résiste pas à vous mettre ce que découvert sur le blog d'une amoureuse (de Philippe Colin). Même si apparemment çà fait des lustres que çà buzz... Je trouve ce montage en morphing très réussi. Réalisé à partir de 90 visages de femmes tirés d'œuvres d'art, c'est assez fascinant de voir ces visages qui naissent l'un de l'autre, qui s'effacent et se remplacent, s'exposent, se surexposent, se confondent et naissent d'anamorphoses. On reconnait des traits, des regards, des personnages. Des traits graciles, gracieux se succèdent. La chronologie. Les âges de la femmes. La beauté. Les 1001 façon de la peindre et de ne pas l'épuiser. Je ne m'en lasse pas. Et la partition de violoncelle est d'un raccord parfait. video

Ensemble c'est tout...

Lecteurs d'Anna Gavalda fuyez ! çà n'a rien à voir.
Ce titre trop bien connu et poli aurait cependant pu être le sous-titre de ce roman magnifique de Laurent Gaudé. Je sais, j'ai quatre ans de retard, et alors ?
Amis du soleil et du sang, êtres de chairs et de promesses, restez ! vous serez chez vous chez les Scorta.

Un roman ou les phrases sont courtes, la syntaxe économe. Tout de go : verbe sujet complément. Ou complément sujet, verbe, complément. Ca peut déplaire, faire fuir, mais ce serait dommage, ce serait se priver. La virgule est hors texte, sans nécessité. Lent et rythmé, lent ou rythmé, on ne peint pas, on évoque. Les gestes décomposés, le temps vigneté; parfois en bande dessinée.

C'est l'histoire d'une famille, d'un secret, de grandes joies et de petits bonheurs, de folies. C'est l'histoire d'un malfrat, d'un village au bout, tout au bout. Au commencement était le désir jamais calmé de gouter à la chair de la vierge tant aimée, jadis, et de mourir enfin. Ici à Montepuccio, le monde est un précipité de mythes sous le soleil, les brulures, le feu et la mer qui lèche, salée, une pierre qui sue.
C'est ensuite la méprise d'un corps et la mort sans pardon. Et de la mort hallucinée la naissance d'un bandit et le début d'une lignée maudite... En route alors pour la modeste mais épique vie de la fratrie des Scorta racontée à confesse...

Lire ce livre c'est partir vivre sous le soleil des Pouilles, c'est s'insoler aux phrases drues et à chaque pas sentir l'augure, le destin, le sort, la fatalité ou la Providence qui font œuvres et vous marquent à l'épaule. C'est faire blanchir sa mémoire. On lit alors pour être ivre de vivre comme les personnages qui se débattent sous les morsures du solleone, des passions démentes et des vengeances sublimes. Y a t-il une malédiction des Scorta ? Est-on condamné à avoir l'âme à vif et l'esprit carnassier ?
Il y a aussi le choix, le renoncement, mais sans rédition ni fuite. La fraternité du sang alliée à celle du cœur et la sueur sur nos yeux. Et au milieu de la vie, au milieu du roman, un banquet en bord de mer. Un festin inoubliable, inénarrable. Des promesses. Un pur instant de bonheur... Je relis ce passage et me délecte de ce tableau d'une joie pleine et rare.

Puis viendront les heures assasines où il n'y a rien à faire, plus rien à espérer, on siffle ou on se signe. On se signe d'ailleurs toute la sainte journée. Pour un mort, un vivant, un espoir, une déception. Et tout ce que l'on comprend quand le temps est venu, à l'âge des regrets.

Que dire si ce n'est que ce roman m'a donné un grand plaisir ! C'est si peu souvent que l'on se sent si bien possédé par le souffle des mots et le corps du décor. Comme on est loin de trop nombreux romans contemporains bouffis de prétention sociologique ou littéraire et qui n'ont rien à offrir à l'âme, rien à dire, rien à faire vivre en nous.

... et la pierre gémissait de chaleur...

mardi 2 septembre 2008

Paris à Luchon



Aujourd'hui Paris sort en DVD.
Souvenir du 6 mars 2008, en direct de Luchon....


Que faire quand le travail vous lasse en plein après-midi d'un jeudi de prospection trop long, dans une ville thermale ?

Et bien si vous étiez moi, voilà comment se déroulerait la chose...

On se laisse aller à feuilleter les mille et unes nouveautés littéraires des deux librairies de la bourgade. On est fauché, on n'achète rien. Ah si j'étais riche !
Mais une fois cela fait, que fait-on?
On traverse, rejoint une brasserie emplie de vieux et de vacanciers. On se pose et commande un café crême. On s'installe un instant et on lit distraitement la feuille de chou locale. Mais il n'y en a que pour les municipales. Dont je me tamponne allègrement. Alors on z'yeute un peu le bal des amis de la table d'à coté. On tente de tuer le temps, un brin coupable de ne pas s'échiner plus à débusquer de nouveaux clients. Il est déjà 17h00 quand même ! On en profite aussi pour aller aux toilettes, à l'œil. Puis il faut s'y résoudre, le seul moyen de laisser derrière soi son job et ses devoirs c'est la projection. Une ciné-cure en auto-médication.

Ceci décidé, je me dirige à grands pas vers l'unique ciné. Par chance, séance à 17h15. Paris à l'affiche. Rien vu au ciné depuis Ratatouille l'été dernier. C'est dire...

Aujourd'hui c'est jeudi. Jour de fête, c'est bien connu ! Alors va pour un paquet de M&M's et un Orangina hors de prix. Trois pelés dans la salle, je me carre dans mon grand fauteuil rouge et la séance démarre.

Je ne vais pas vous raconter le film. Il y a des résumés pour cela. Juste dire que le film m'a plu. Même de Luchon Paris se laisse voir.

A l'image de l'un des dialogues de Lucchini qui fait dire au prof d'histoire qu'il incarne dans le film, il est difficile de l'enserrer (Paris comme le film) car il n'y a ni début ni fin, ni queue ni tête, comme toute grande ville, ce film est sans début et sans fin. Aussi il n'y a pas de véritable histoire. Il y a des morceaux d'histoires. C'est une découverte de la vie des hommes à Paris, en 2008, de façon parcellaire, on traverse les vies et Paris, tout à la fois. Sans être renversant ou fabuleux, c'est plutôt plaisant, bien réalisé.

Lucchini y est très bon. Son élève aussi... De Cluset idem. Binoche m'est même sympathique. Ce qui n'était pas arrivé depuis le Patient Anglais. Duris est crédible. etc etc. Un regret quand même, c'est que le scénario n'ait pas permis d'approfondir un peu plus les personnages, en leur donnant plus de grain, de densité. On passe vite de l'un à l'autre. Voilà pour le bémol.


Il y aurait par contre tout un travail d'analyse à faire sur la façon dont Klapisch donne à voir Paris . Les jardins, les rues, le parcellaire, l'histoire, les permanences et ruptures etc. L'esthétique de la caméra, le choix des lieux, le personnage d'architecte de Cluset, celui du prof d'histoire de Lucchini, celui de commerçant de Dupontel, celui d'assistante social de Binoche, celui d'un immigré avide d'Europe sont d'un Paris carte-postale. Plein de détails sur la perception des lieux, la façon de vivre sa ville sont délivrés dans les dialogue et la syntaxe de la caméra. Klapisch aime sa ville et veut nous le montrer. Il y a aurait un bon et intéressant travail à réaliser sur le rapport lieux/cinéma, manière de faire découvrir Paris, par petites touches.

A la fin du film, on quitte Romain Duris dans un taxi, en route vers une transplantation cardiaque à l'issue incertaine. Face posée contre le pare-brise, le taxi file, les scènes de vie ordinaires passent et défilent. Il est subjugué tout à coup par la chance de vivre, ordinairement. Spectateur attentif, tremblant de sueur froide, la vie lui apparait là dans son essentiel. Là dehors, des gens vivent, se soucient, s'occupent, travaillent, marchent, téléphonent, rient. La vie dans son jus. On ne jouit jamais assez de l'air que l'on respire, des gens que l'on aime, de la ville que l'on habite. Il le sait parce que tout peut s'arrêter là, tout à l'heure. Son pronostic vital tient sa vie en suspens. Et c'est cette vie qui menace de s'en aller qui lui donne son prix. Il les bade, ces gens, il les envie. En vie. Et le taxi toujours file, croisant sur son chemin nos différents protagonistes : la jeune étudiante, le prof, l'archi, les commerçants. L'air de rien l'itinéraire du taxi et le regard du personnage de Romain Duris relie tous à tout. Tous à Paris.

Ainsi on laisse tous nos personnages à leurs vies parallèles, sans mettre aucun point final, sans fermer à jamais porte ou fenêtre. Tout continue. Amours, emmerdes, doutes, vies trépidantes, vies essoufflées, vies à écrire. Paris s'éloigne, avec eux mais sans nous.

Je sors, il fait nuit, de nouveau un peu de neige. Regagner l'hôtel, diner, se coucher avant minuit.
Une seule envie, vivre, vivre ENCORE !!!
En être conscient.

lundi 1 septembre 2008

Pourquoi j'irai mourir à Burgos....

Parce que j'ai n'ai plus d'argent pour prendre le train et m'en aller à Bazens pour saluer mon père,
Parce que j'ai trop bailler sans bien m'en rendre compte,
Parce que j'irai bien consoler mes yeux,
Parce qu'il y a des bancs, des bancs et des loquets de portes,
Parce que Palmira m'a laissé tomber,
Parce que rien ne vaut un chocolate con churros avec vue sur gargouilles et tenants Renaissance pour chasser l'acide lactique,

Parce que le Cid, parce que Chimène,
Parce qu'il n'y a pas que vivre dans une vie,
Parce que je n'ai pas connu Palmira,
Parce qu'il faut bien un lieu pour y rompre ses liens

Parce que je n'ai pas de bonnes raisons de dire adieu ailleurs.

samedi 16 août 2008

Caminos Y Copitas




"Avance sur ta route car elle n'existe que par ta marche"

Saint Augustin











jeudi 14 août 2008

Du grand, du bon, du...

Gabin, du Bébel !

Quel plaisir de revoir ce bijou signé Henri Verteuil, avec Bébel et Gabin servis par des dialogues cousus main de Michel Audiard; adaptation excellente du roman d'Antoine Blondin, expert hors pair en bars parallèles.

C’est une histoire simple qui se boit au mètre, comme du Picon-Bière un samedi soir entre estropiés. De première vue çà peut paraitre d’une trivialité de cave. Mais non. Enfin si...

Histoire buvable qui réchauffe d’un alcoolique repenti (Gabin) devenu hôtelier qui reprend le chemin de la dive bouteille lorsqu’un alcoolique à temps-partiel (Bébel) investi son hôtel et réveille en lui de vieux démons mal endormis… Après avoir dignement résisté, Gabin replonge derechef dans l’ivresse rituelle pour accéder à ses rêves désertés : la Chine, la descente en jonque du Yang-Tsé-Kiang, etc. La joie du démiurge buveur est ici alors indicible et enviable. Car Gabin trouve finalement très vite une raison d’accompagner Bébel (est-il besoin de le dire : on a toujours une bonne, voire très bonne raison de boire !). L'alcool devient ici un véhicule fabuleux, propre à faire voyager nos types dans leur passé et leurs pensées les plus démesurées. Ce qui donnent lieu à des dialogues superbement inspirés. C’est drôle est réellement spirituel. Et il faut voir les types, ils n’ont pas le vin petit et misérable comme les collègues du troquet d’en face : non de non ! Plus ils boivent et plus ils sont généreux, plus ils boivent et plus ils sont poètes, plus ils boivent et plus ils grandissent en âme ! Hallucinant ! C'est gentiment barjot sur les bords est çà voisine au génial en son centre.

En fait ce n’est pas tant l’alcool qui prime : c’est le sentiment (blague mise à part) ! L’alcool est juste un révélateur, un moyen de voir s’incarner grandeur-nature les toiles imaginaires de nos piliers de comptoirs. Et si on voulait en tirer enseignement on dirait surement que la meilleur façon de devenir spirituel c’est de choucher; licher, pitancher sans faillir les meilleur spiritueux, entre amis.
Mais je ne le ferrai pas, je le suggèrerai seulement, pour ne pas vous saouler.

Et cette phrase flottante qui vous habite encore le film fini :

"Un jour nous prendrons des trains qui partent".

Comme les singes en hiver, en Asie...

Nunc est bibendum !

jeudi 7 août 2008

Rue de l'abreuvoir

Les chevaux du temps

Quand les chevaux du temps s'arrêtent à ma porte.
J'hésite un peu toujours à les regarder boire
Puisque c'est de mon sang qu'ils étanchent leur soif.
Ils tournent vers ma face un oeil reconnaissant
Pendant que leurs long traits m'emplissent de faiblesse
Et me laissent si las, si seul et décevant
Qu'une nuit passagère envahit mes paupières
Et qu'il me faut soudain refaire en moi des forces
Pour qu'un jour où viendrait l'attelage assoiffé
Je puisse encore vivre et les désaltérer.

Jules SUPERVIELLE (1884-1960)

Ardor adore

Voilà un livre qui se lit comme un poème. Pas de conseils ou de propositions de positions amoureuses; à chacun son kamasutra et son art d'aimer, ses topos érotiques et sa charge héroïque. Ici Jacqueline Kelen se concentre plutôt sur la sève du cœur et se propose de chanter l'amour pour l'amour. C'est tout et c'est déjà beaucoup.

Femme de lettres et de radio, femme nourrie de culture classique et s'abreuvant aux sources des mythes occidentaux, Jacqueline Kelen est une éternelle amoureuse, une folle du fol amour et du dol amoureux.

Prenant à contre courant les formules "loin des yeux loin du cœur", "l'amour fait souffrir", "il n'y a pas d'amour heureux", "l'amour rend aveugle" etc. ; elle accepte l'amour et le sentiment amoureux dans ses paradoxes mais refuse des maximes boiteuses où l'amour n'est ni ample ni entier. Non l'amour n'est pas un "bon sentiment", une convenance, un besoin affectif. L'amour est pour elle un luxe gratuit. Accessible à tous mais exigeant en tout. Oui l'amour est une fièvre, un tremblement, une offrande. Et elle prend bien le soin de dissocier au préalable l'amour du sentiment amoureux de l'énamourement. Il faut d'emblée savoir de quoi on parle.
Elle se méfie de l'amour effusion, de cette fusion recherchée et vantée, du deux-en-un qui n'aboutit souvent qu'à la confusion et fait exploser en plein vol un idéal torve, forcément déçu du voyage . Elle ignore Cupidon et vénère Aphrodite.

Pour elle nul doute, l'amour et la guerre ont pour dénominateur commun l'ardeur et le courage. Non l'amour n'est pas plus borgne qu'aveugle, bête et bégueule, possessif et passager. s'il l'est c'est qu'il n'est pas, l'amour. Et elle se rit de l'amour domestique et mesquin, autant que d'un amour tronqué, faussé, par trop idéalisé ou formaté suivant les canons et mœurs de l'époque. Elle crie et plaide pour du grand, du grandiose et fait l'éloge du fol amoureux et l'apologie du rapt des femmes comme de toutes Sabines. L'érotisme commence par le cœur avant la peau, par les mots avant les caresses. Car l'amour est mots, délicatesses, attentions, courage, absolu, intelligence, ouverture, clairvoyance. Elle rejette en bloc l'étalement d'un amour acculé aux sexes insatisfaits, copulations découplées, poisseux de pitié et de malfaçons d'aimer. Baiser biaise. Intransigeante et exigeante en la matière est la dame : elle veut du héros dans l'éros pas du porno dans le mitan du lit ou sur le coin d'une table de cuisine.

Quant au chagrin d'amour il est pour elle vain. Aimer doit suffire. Même sans réciprocité. Se souvenir ici de la première lettre de saint Paul aux corinthiens ou du texte de Khalil Gibran. Car comme de Marthe et de Marie, c'est Marie qui a choisie la meilleure part et elle ne lui sera pas retirée. Bref. Aimer, voilà pour l'auteur la grande et seule affaire. Même sans réciprocité, aimer. Plutôt facile à dire qu'à vivre... Pour Jacqueline Kelen "L'amour se passe sans peine de réciprocité. Ne rien attendre en retour n'est pas le comble de l'amour, c'est le sens même de l'amour. Une offrande sublime." Ou encore "Aimer quelqu'un, c'est lui communiquer cette soif d'aimer qui peut se passer de vous, qui doit continuer après vous".

Même si la prose évite le cucul et le gnangnan il faut dire que parfois çà gonfle un peu l'esprit trouvère et le souffle soufi. Et la dame se répète aussi un peu. Ceci étant dit ce livre a de grands mérites et il faut se munir d'un crayon pour souligner, annoter dans la marge les phrases bien troussées et les formules aimantes que la dame Jacqueline trouve pour chanter et célébrer l'offrande, la gratuité, la hauteur de vue que ne doit jamais cesser d'être l'amour. Son texte est brulant, laudatif et allègre.

Enthousiasmant

mardi 5 août 2008

Signer

J'y sacrifie pour vous chère Amazone, cher Hussard.

Voilà donc une carcasse sans veine ni varice, un squelette sans chair ni oripeau.
Un prête-nom, un porte-manteau, un bonnet sans tête, un pseudo sans anicroche.
Une signature pour billets sans cachets, un blog sans post.
Une enseigne aux couleurs.

Lespagnol
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"D'Artagnan leva une paupière. Son hôtesse était belle, grande, rousse, superbement épaulée, magnifique en corsage, tournant sur sa taille comme sur un pivot et l'œil frais comme à la nouvelle vendange : non point de ces petits grains d'yeux, bleuâtres et poncés, qui disent l'intérêt, mais de ces profondes pierres étirées vers la tempe, qui ne se portent jamais mieux que sur la monture de mélancolie.
- Mais vous avez l'air bien espagnol et triste ?
- C'est que je crains pour votre santé.
- Ma santé est fort belle à présent.
- Hélas ! Il y a ... Il y a que j'aimais bien vous préparer vos bouillons".

in D'Artagnan amoureux, Roger Nimier, 1962. Chap. XXVII